lundi 17 mai 2010

Une journée luxembourgeoise (2- Vallée de la Sûre)

Le Scénic s'engage sur les petites routes pittoresques du Grand Duché, allant de village en forêt, de prairie en vallée jusqu'à celle de la Sûre.
La campagne est agréable, le paysage vallonné témoigne de l'appartenance au massif hercynien de l'Ardenne luxembourgeoise. Les roches schisteuses visibles ça et là sur les bas-côtés le confirment.
Les villages sont proprets et je suis d'accord avec C* sur le fait qu'il s'en dégage une impression de sérénité sans trop savoir dire pourquoi ! Peut-être par l'absence d'éléments abandonnés : rien ne traine, tout est entretenu, fraichement tondu, taillé, fleuri. Aucun crépi ne s'écaille, il ne traine aucune carcasse de véhicule ou d'engin agricole. On sent que le niveau de vie moyen est élevé et que si la misère existe probablement comme partout, elle est invisible ! Nous sommes loin de notre civilisation latine !
Après avoir suivi un itinéraire improbable au milieu de belles hêtraies dont le feuillage est encore bien tendre, nous plongeons sur la vallée de la Sûre, "Sauer" en patois local, ("acide" ou "aigre" comme la choucroute, die Sauerkraut germanique). Acide, donc, la rivière a rongé les antiques terrains schisto-gréseux, creusant une vallée encaissée bien pittoresque, où les rives du lac de barrage sont convoitées pour les loisirs et pique niques dominicaux des Luxembourgeois. J'ai rarement vu un tel concentré de terrains de camping, caravaning et mobil home dans nos régions septentrionales. Malgré la fraicheur, on y barbecuit en groupe d'odorantes sardines et saucisses que des enfants peu frileux vêtus d'un simple T-shirt dévoreront rapidement entre deux parties de ballon ou de cache-cache. Plusieurs véhicules pavoisent fièrement des origines portugaises avec un ostensible drapeau largement déployé sur le haillon arrière !
Nous avalons notre sandwich tiré du sac sur le bord du lac où l'immobilité et l'humidité renforcent la sensation de fraîcheur. J'ai revêtu une tenue anti-froid et un peu regretté de n'avoir pas prévu une protection "grand-froid".





Quand je dis qu'il fait froid par ici !...




Le barrage d'Esch-sur-Sûre.


Le barrage : c'est un barrage voûte qui prend appui sur des roches schisteuses, le barrage a nécessité un impressionnant ancrage renforcé sur sa rive droite.
Si Malpasset avait été ainsi conçu, c'est-à-dire si on avait fait une étude géologique sérieuse, il ne serait pas arrivé ce qui est arrivé : Une certaine nuit de décembre 1959, la pression de l'eau a fait glisser les unes sur les autres les couches schisteuses au pendage dans le mauvais sens, en outre faillées, provoquant la rupture du barrage et la mort de plus de 400 personnes.


(Photos du 13 mai 2010)



Encyclopédie Mamléanesque : La Sûre prend sa source en Belgique à Vaux-les-Rosières, à 510 m d'altitude. Après un cours de 206 km, le long duquel elle reçoit sur sa rive droite l'Alzette comme affluent principal, elle conflue avec la Moselle à Wasserbillig (littéralement = eau à bon marché), village sur la frontière avec l'Allemagne. Altitude 132 m.

(À suivre !)

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